Film : Micmacs à Tire-larigot

par Virgile, le 13.11.09 | 0 commentaire | Publier dans MySpace !
Jamais un film n’aura aussi bien porté son nom ! « Micmacs à Tire-larigot » décrit tout à fait l’entreprise de Jeunet, des bouts de genres cinématographiques assemblés les uns à la suite des autres, des morceaux de personnages esquissés, pour constituer la fresque bancale d’une épopée millénaire : David contre Goliath, les petits contre les grands.

Les petits ce sont Bazil, Calculette, Fracasse, et tous les habitants farfelus de Tire-larigot, un terreau fait de casseroles coincé entre le périph et une montagne d’ordures. Les grands, ce sont les marchands d’arme, qui ont confectionné, d’une part, la mine anti-personnelle qui a tué le père de Bazil, et d’autre part, la balle qui est logée dans son cerveau et qui menace de le tuer à chaque instant.

Bien qu’assumé ouvertement par le réalisateur, le postulat de départ du puzzle a du mal à tenir la longueur du film, et s’essouffle assez vite. Alternant entre comique, tragique et burlesque, les genres sont malmenés et de fait mal mis en valeur. Le spectateur est vite perdu, et ressent une impression d’amalgames faciles, notamment l’insolite histoire d’amour qui se retrouve dans le scénario un peu par hasard.

Jeunet tombe facilement dans la démonstration de savoir-faire, comme les contorsions à outrance de la Môme Caoutchouc (Julie Ferrier), et dans la morale d’actualité (la récup’ et l’amitié contre les méchants amoraux qui flirtent avec la politique), là où il nous avait habitué à du cinéma délicatement fou et non-engagé, ce qui n’était pas plus mal...

Le sentiment de surenchère nous est confirmé par le panel d’acteurs connus que le réalisateur se permet de nous faire miroiter sans pour autant approfondir. Les Yolande Moreau, Jean-Pierre Marielle, ou encore Omar Sy, sont des pièces rapportées, leurs personnages tiennent en une phrase. Leur rôle semble cantonné à actionner le levier comique plutôt forcé qui les caractérise : Remington ne parle qu’en expressions, Calculette mesure tout, etc. Pourtant, le personnage de Dany Boon réussit quand même à nous surprendre agréablement dans ce rôle à la croisée entre le rêveur, l’idiot et le vengeur.

Malgré tout, la magie semble opérer par intervalles, et le spectateur est brièvement transporté dans le monde magique de l’imagination : comme les jolies inventions de Petit Pierre ou les tours dans l’imagination de Dany Boon. On retrouve le côté Amélie Poulain d’un Jean-Pierre Jeunet qui semble avoir du mal à se recycler, comme la pellicule au ton sépia, qui n’est pas sans rappeler Un Long Dimanche de Fiançailles.

Micmacs à Tire-larigot est un film fouillis qui peine à faire rire : Jeunet semble tanguer entre la folie, le comique et la naïveté, sans arriver à les doser proprement. Pourtant, on ne perd pas espoir, il a déjà concrétisé ce savant mélange avec Amélie Poulain, ou encore à l’époque malheureusement révolue de sa collaboration avec Caro.

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Site officiel : www.micmacs-lefilm.com

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